Faire un pas sur le chemin
Il y a des moments où l’on a envie de partir, juste un moment, pour faire le vide et créer de la place pour quelque chose d’autre. Le sac sur le dos, en chaussures de marche, appuyé sur son bâton, le pèlerin avance vite. Il scrute l’horizon, avançant au rythme de ses pas cadencés par le claquement régulier de son bâton : « Ta-ta-tataa ». Au fil de la marche, les pensées s’estompent, laissant la tête vide. La nature a l’horreur du vide. Bientôt, ce vide se remplit des sentiments captés par tous les sens: des couleurs des champs, des parfums des fleurs, des gazouillis d’oiseaux et du murmure de la brise dans les arbres. Une paix s’installe. Un ressenti de bien-être remplit le corps, accentuant l’envie d’avancer.
Marcher pendant plusieurs jours, que ce soit sur le chemin de l’introspection ou du pèlerinage, cela se produit tous les jours. En levant le pied, en m’appuyant sur mon bâton, je laisse les cinq sens capter toute cette beauté. Je respire profondément l’air matinal, attendant impatiemment que le coucou émette sa mélodie caractéristique, tout comme il l’a fait chaque jour jusqu’à présent. Les rayons de soleil percent le rideau des branches des arbres et se reflètent sur les flaques d’eau sur le chemin. La nature et moi, la dualité se fonde dans l’unité.
Pour faire une pause, je m’arrête et enlève mes chaussures. Je pose mes pieds par terre et savoure le toucher de l’herbe douce et fraîche. Je fais quelques pas vers le lit d’un ruisseau. Je m’enfonce dans le sable mouillé et m’arrête lorsque l’eau ruisselle sur mes chevilles. Cette sensation de froid me fait oublier les kilomètres parcourus depuis le matin. Je me délecte de ces moments paisibles.